Les trois regards

Publié le par Pierre-Yves

Les trois regards

Il est trois heures dans l’après midi, Pierre et Jean montent ensemble au temple à l’heure de la prière. Au moment où les deux hommes s’apprêtent à pénétrer dans l’enceinte du bâtiment, ils aperçoivent un homme assis par terre en train de demander l’aumône.
La bible nous renseigne sur l’état de cet homme qui depuis sa naissance souffre d’un sérieux handicap le privant de toute son autonomie. Il a besoin d’aide pour se déplacer, et notamment pour être porté chaque jour à la porte du temple.
Pourtant, ce jour-là, quelque d’inhabituelle va se produire…

Ce texte des Actes des apôtres au chapitre 3 est très riche en enseignement et en instruction. Cependant, nous allons découvrir dans ce récit trois façons bien distinctes de regarder.

Pierre et Jean vont fixer cet homme du regard, c’est le premier regard.
Ils vont l’observer, le dévisager, le scruter du regard, c’est un regard qui en dit long. Du regard, ils vont s’arrêter sur la situation de cet homme, sur sa misère. Ce regard est semblable à celui que Jésus a porté sur une veuve qui allait mettre en terre son fils unique. C’est le regard de la compassion.
A travers ce premier regard, le maître veut nous instruire.
Quelle est notre attitude face à une âme en détresse ?
Certaines personnes vont se contenter de donner une pièce. En effet, c’est plus facile, et surtout cela n’engage à rien. C’est une façon de garder ses distances tout en donnant l’impression d’avoir fait quelque chose.
Une pièce qui résonne de différentes façons :
Que Dieu te bénisse, l’église va prier pour toi, prends courage…
Pierre et Jean s’arrêtent, chose que nous avons aujourd’hui du mal à faire. Les pasteurs sont aujourd’hui à la tête d’églises qui comptent des centaines de membres et ils n’ont pas le temps de se consacrer à une âme.
Jésus a pris le temps de s’arrêter pour cette femme malade depuis douze ans, et cela malgré la foule qui le pressait, et l’urgence de la demande Jaïrus. Luc 8 versets 44 à 46
Est-ce que nous prenons le temps en tant que serviteurs de Dieu, pour comprendre et aider ceux que le Seigneur met sur notre route ? Ou bien avons-nous vite fait de les évincer avec des pièces qui ne vont rien changer de leurs situations ?

Le second regard c’est celui que Pierre et Jean vont réclamer. Regarde-nous.
Il s’agit ici du regard qui suscite la foi.
Nous sommes la lumière du monde. Matthieu 5 versets 14 à 13
Nous devons être vu pour être utiles aux autres. Notre vie doit être un témoignage. Nous avons cette fâcheuse tendance à tout mettre sur le dos des autres, frères et sœurs, nous avons le devoir de refléter Christ.
Regarde-nous. Il y a tant de personnes qui se recommandent comme serviteurs de Dieu, mais en les regardant, on voit des gens avides de pouvoir, de gloire et d’argent.
Pierre et Jean n’avaient pas honte de ce qu’ils étaient, mais surtout, ils savaient qui ils étaient, ils ne se faisaient pas passer pour ce qu’ils n’étaient pas.
Paul pouvait dire : Soyez mes imitateurs, comme je le suis moi-même de Christ.
Un enfant de Dieu se définit par ce qu’il est et non pas ce qu’il a.
On entend beaucoup de témoignage de ce que Dieu a fait de miraculeux pour une personne, mais beaucoup moins ce que Dieu a fait d’une vie.
Certains peuvent dire, regarde ce que j’ai, mais n’ose pas dire, regarde moi.
Ce n’est pas la prétention, mais la conviction.
Pouvons-nous tels que Pierre et Jean susciter la foi des autres en leur demandant de voir ce que nous sommes ?

Le troisième regard, différent des deux autres, c’est celui de la foule.
Un miracle vient de se produire, et la foule est en effervescence, tout monde accourt de partout pour voir les hommes de Dieu. Mais Pierre et Jean, vont leur demander de détourner le regard d’eux pour le tourner cette fois vers celui qui en est le véritable auteur.
Il n’est pas question que la gloire de Dieu leur soit attribuée.
Le troisième regard, c’est celui de l’admiration et de la contemplation, un seul en est digne, c’est Dieu.
Pierre et Jean vont diriger le regard de la foule vers Dieu.
Je vois malheureusement beaucoup de personnes se faisant passer pour des serviteurs de Dieu, se faire acclamer par des foules entières. Ils ont gardés pour eux, ce qui est la propriété exclusive du Seigneur.
Je suis un serviteur inutile, Dieu m’a permis de prendre part à son œuvre, mais lui seul mérite toute la gloire.

Nous ne sommes que des instruments entre les mains d’un virtuose.

En conclusion, j’aimerais vous rappeler l’utilité de ces trois regards. Le regard que je porte vers mon semblable, celui que le monde porte sur moi, et celui des autres que je dois diriger vers celui à qui appartiennent dans tous les siècles, l’honneur, la puissance, et la gloire. Amen.

Publié dans Edification

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