Le bouc émissaire

Publié le par Pierre-Yves

Le bouc émissaire

Un bouc émissaire est généralement une personne faible et innocente que l’on fait endosser la responsabilité collective. C’est la victime idéale sur lequel on va s’acharner sans qu’elle soit en mesure de se rebeller.

Savez-vous que c’est une expression qui trouve son origine dans la bible ?

Eh bien oui, comme un grand nombre d’expressions que nous utilisons dans le langage courant, le bouc émissaire a été emprunté au monde biblique. Je l’ai classé parmi les insolites parce que c’est un récit assez étrange.

Mais juste avant d’en parler, que pouvons-nous dire du bouc ?

Généralement, le bouc est le symbole de la violence, de la ruse et de la puanteur. C'est un animal qui représente également l'impureté et la luxure. D'ailleurs, il est dit qu'au jour du Jugement dernier, les brebis, élus, seront placés à la droite du Seigneur ; tandis que les boucs, damnés, se positionneront à sa gauche.

Mais revenons au bouc émissaire. C’est dans le livre de Lévitique au chapitre 16 que la bible fait mention de cette expression.

D’après ce récit de Lévitique, il existait à cette époque de l’histoire biblique un rituel annuel que le peuple juif devait observer pour l’expiation de leurs péchés.

Alors d’après ce rituel, voilà comment cela se passait.

Le sacrificateur de l’époque, en l’occurrence Aaron, se revêtait de ses vêtements sacerdotaux (sa tunique sacrée, son caleçon de lin, sa ceinture de lin, et la fameuse tiare dont il se couvrait la tête) et il choisissait deux boucs.

Ensuite par tirage au sort, un bouc sera consacré à l’Eternel, tandis que l’autre sera consacré à Azazel.

Celui qui était tiré au sort pour l’Eternel était offert en sacrifice pour l’expiation des péchés. Tandis que le second animal qui était tiré au sort pour Azazel il sera placé vivant devant l’Eternel afin qu’il serve à faire l’expiation avant d’être relâché dans le désert pour Azazel.

Alors, malheureusement les informations contenues dans la bible ne sont pas suffisantes pour définir clairement ce que signifie le terme Azazel. Les spécialistes de la bible ne sont pas unanimes sur la signification à donner.

Certains ont vus dans ce terme le lieu vers lequel l’animal s’en va, les hauteurs d’où le bouc serait jeté. D’autres pensent qu’Azazel était un démon ou encore la personnification du diable. Mais le sens le plus probable est renvoi total. Azazel serait le bannissement total, la solitude. Ainsi, en s'éloignant du territoire, le bouc emportait avec lui les iniquités du peuple.

Mais revenons sur le rituel du bouc émissaire.

On faisait approcher l’animal et le souverain sacrificateur lui imposait les mains en confessant sur lui toutes les iniquités et les transgressions du peuple Israélite.

Après avoir mis sur le bouc tous les péchés des enfants d’Israël, l’animal était chassé dans le désert où il portera sur lui tous les péchés du peuple.

Même celui qui était désigné pour chasser le bouc dans le désert, à son retour il ne pouvait pas regagner le camp avant d’avoir lavé ses vêtements, s’être lavé à grande eau.

C’était pour les Israélites une loi perpétuelle qui était observée tous les septième mois de chaque année à cause du péché du peuple d’Israël.

Ce que l’on peut retenir de ce rituel symbolique c’est la nécessité de l’éloignement du péché, son bannissement. Pour symboliser l’éloignement du péché de la communauté, Dieu va utiliser ce fameux bouc qui était chassé dans la solitude du désert.

Le pardon divin il y a le sacrifice, mais il y a encore le bannissement. Une victime est sacrifiée à la place du pécheur, et Christ est la victime expiatoire qui se substitue à tous les hommes pécheurs. Mais avec l’image du bouc émissaire, Dieu nous révèle qu’il ne garde pas le souvenir de nos péchés, mais qu’il chasse au loin les choses les plus mauvaises dont nous nous sommes rendus coupables.

Publié dans Les insolites

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