L'argent

Publié le par Pierre-Yves

L'argent

Il y a quelques décennies, on ne parlait que très peu de l’argent dans les églises. A quelques rares occasions, lorsque le besoin s’en faisait ressentir, on pouvait éventuellement solliciter la contribution des croyants exceptionnellement. Mais sinon, ce n’était pas un sujet de prédilection, l’accent était surtout mis sur les choses prioritaires de la parole de Dieu comme l’évangélisation, la communion fraternelle, et la marche chrétienne.

Pourtant, paradoxalement, les chrétiens étaient généreux, ils donnaient de leur plein gré, et voulaient prendre part financièrement à l’avancement de l’œuvre de Dieu. Les dons des fidèles étaient désintéressés, ils mettaient avec joie dans l’intention de voir le royaume de Dieu s’étendre davantage, comme à l’exemple d’une pauvre veuve qui a donné tout ce qu’elle possédait. Luc 12 v. 41 à 44
Jésus, s'étant assis vis-à-vis du tronc, regardait comment la foule y mettait de l'argent. Plusieurs riches mettaient beaucoup. Il vint aussi une pauvre veuve, elle y mit deux petites pièces, faisant un quart de sou. Alors Jésus, ayant appelé ses disciples, leur dit : Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a donné plus qu'aucun de ceux qui ont mis dans le tronc ; car tous ont mis de leur superflu, mais elle a mis de son nécessaire, tout ce qu'elle possédait, tout ce qu'elle avait pour vivre.


Malheureusement, les responsables d’églises ne se sont pas contentés de cette générosité des fidèles, ils en voulaient toujours plus.
Résultat, au fil des années, l’argent est devenu un sujet essentiel de l’enseignement biblique au sein de plusieurs communautés chrétiennes.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la bible parle sans aucun tabou de l’argent, et elle y fait allusion davantage qu’elle ne parle de la foi elle-même ou du salut. Une observation qui n’a pas échappée à certains « prédicateurs » qui s’en servent comme argument lors de leurs campagnes d’appels aux dons.

Si la parole de Dieu parle autant de l’argent, et des richesses, c’est à cause de la menace qu’ils peuvent représenter. Jésus va personnifier l’argent en l’appelant du nom de « Mammon ». Matthieu 6 v. 24
Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l'un, et aimera l'autre ; ou il s'attachera à l'un, et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon.

C’est d’ailleurs la seule idole qui soit ainsi personnifiée par le Seigneur dans le Nouveau Testament, au même titre que Baal, Dagon ou Astarté, qui étaient des divinités païennes de l’Ancien Testament.
Jésus montre ainsi la place que peut avoir l’argent dans la vie de certaines personnes, au point de devenir un « dieu concurrent » qu’on adore.

L’argent est aussi mis en opposition avec la grâce de Dieu qui elle est entièrement gratuite, et qui fait l’objet de l’essentiel du message de la bonne nouvelle. Esaïe 55 v. 1 et 2
Vous tous qui avez soif, venez aux eaux, Même celui qui n'a pas d'argent ! Venez, achetez et mangez, Venez, achetez du vin et du lait, sans argent, sans rien payer !
Pourquoi pesez-vous de l'argent pour ce qui ne nourrit pas ? Pourquoi travaillez-vous pour ce qui ne rassasie pas ? Ecoutez-moi donc, et vous mangerez ce qui est bon, Et votre âme se délectera de mets succulents.


Il a toujours existé une relation perverse entre l’homme, l’argent et les biens matériels, car Mammon est un dieu puissant qui influence aussi bien celui qui ne l’a pas, et qui le convoite, comme celui qui le possède et qui en veut toujours plus. Ecclésiaste 5 v. 10
Celui qui aime l’argent n’est pas rassasié par l’argent.
L’argent met en évidence la prétention du cœur de l’homme qui veut garder le contrôle sur sa vie, et qui pense pouvoir acheter à prix d’argent le don de Dieu.
Actes 8 v. 20
Mais Pierre lui dit : Que ton argent périsse avec toi, puisque tu as cru que le don de Dieu s'acquérait à prix d'argent !

Publié dans La connaissance

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